À Futur En Seine, des livres infinis, une pilule connectée et de l’e-babyfoot.

le-monde

Le Livre infini : l’œuvre d’art rétro-futuriste

C’est un meuble élégant sur lequel trône un lourd livre noir à la tranche dorée, posé sous un bel abat-jour. Les pages sont blanches, mais quand le dispositif se met en marche, le texte apparaît. Il suffit de tourner une page pour voir la suivante, qui s’affiche de façon fluide. Sous l’abat-jour se dissimule en fait un projecteur et une caméra. Le premier projette le contenu sur le livre et la seconde capte les numéros des pages. « C’est une œuvre d’art qui consiste à rematérialiser n’importe quel contenu numérique, explique un représetant d’Art to Machine, une start-up qui coproduit des œuvres numériques. L’objectif est de retrouver la sensation et l’expérience du livre papier auxquelles beaucoup de personnes sont encore attachées. » Imaginé par l’artiste Albertine Meunier, le Livre infini fonctionne grâce à des cartes qui contiennent chacune un contenu, et qu’il faut passer près du livre pour être activées. Il peut s’agir d’un roman, d’anciens magazines, mais aussi d’images et de vidéos. Il est aussi possible d’y afficher du contenu interactif, comme des tweets qui apparaissent en temps réel. N’importe quel e-book au format e-pub peut ainsi être importé dans une de ces cartes, et être lu dans le Livre infini. Cette œuvre, dont la version présentée à Futur en Seine est un prototype, doit encore être fignolée, et cherche en ce moment même sa place dans des événements ponctuels, des musées ou des bibliothèques. Celles-ci pourraient par exemple y présenter des ouvrages d’exception, très anciens, que le public pourrait avoir la sensation de manipuler.

Extrait – Article de Morgane Tual et Bernard Monasterolo – Parution le 13 juin 2016 – Le Monde